De calculateur à donneur

Donneur

En avril dernier, lors de la rencontre Accès Illimité du Réseau M, je suis sorti du placard : sur la scène en compagnie de Pierre Duhamel et de Marion Poirier, j’ai, pour la première fois, pris position formellement sur la façon dont se déroulerait le reste ma vie. J’ai avoué ce jour-là être un « calculateur », un échangeur, soit une personne qui donne autant qu’elle reçoit.

Or, de calculateur que j’étais, j’ai annoncé à l’assemblée ce jour-là que je ferais tout en mon pouvoir pour devenir un donneur.

Le triomphe des généreux

Écrit par Adam Grant, professeur émérite de la Warthon School de l’Université de Pennsylvanie, le livre Le triomphe des généreux : comment l’altruisme peut conduire au succès aura été une révélation pour moi, la pierre d’assise me permettant de mieux me comprendre et de choisir ma destinée, rien de moins !

Dans ce livre, Grant démontre que les vrais donneurs, ceux qui le font de façon inconditionnelle, réussissent mieux.

Les preneurs, qui font passer leur intérêt avant ceux des autres, et les échangeurs comme moi n’atteignent généralement que les échelons du milieu de l’échelle du succès.

Une dose d’humilité, s.v.p.

Admettre un problème («je suis un échangeur») est une chose; implanter concrètement les solutions pour le régler en est une autre! Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que le concept du don m’attirait, j’avais notamment acheté le livre Give de Bill Clinton il y a quatre ans… mais il est sur ma table de chevet depuis, je ne l’ai pas encore ouvert!

Les modèles décrits dans les livres, bien qu’imparfaits, nous obligent à prendre position et nous donnent de la perspective pour mieux nous comprendre (et comprendre les autres humains autour). Moi, par exemple, j’ai toujours été épaté de voir ma femme Pascale démontrer une générosité incroyable, en temps et en argent, pour les causes qui lui tiennent à cœur et ce, sans rien demander en retour. Or, il m’aura fallu quarante ans avant de réellement comprendre comment une telle chose pouvait être possible.

D’échangeur à donneur

Quand j’ai avoué être un échangeur, un peu honteusement, je me suis consolé en me disant que bien que je n’avais pas choisi d’être ainsi, il m’était possible de changer.

J’ai donc décidé de devenir un donneur. Pour la première fois de ma vie, je consacre une part significative de mon temps à une cause qui m’est chère, le mentorat d’entrepreneurs auprès du Réseau M, de façon inconditionnelle. Et savez-vous quoi ?

Jamais je n’ai rencontré autant de gens intéressants qui, par la bande, me permettent d’évoluer humainement et professionnellement.

À ma grande stupéfaction, j’en retire bien plus de bénéfices que de coûts !

Bon, ok, je le concède : cette pensée est celle d’un calculateur, elle frise même l’égoïsme, mais entendons-nous : il y a pire comme égoïsme!

Dans mon rôle de patron aussi, je change. J’ai compris que nous ne réussirons que si tous les membres de l’équipe réussissent individuellement ; un succès se crée en équipe et non au détriment des employés. C’est pourquoi j’ai mis en place la mesure du bonheur, un système de communication et de rétroaction pour bien prendre le pouls de tous et instaurer des pratiques qui permettent l’épanouissement de chacun.

Avec mes proches aussi, je change : j’aide pour le pur plaisir d’aider et de constater les résultats me ravit au plus haut point. Auparavant, j’utilisais l’argent comme seul «indicateur de performance » de ma vie professionnelle ; maintenant j’ai équilibré mon approche afin d’inclure le bonheur — le mien et celui des gens autour de moi — dans l’équation.

Revenir à l’essentiel : notre rôle dans la vie

À tous les échangeurs comme moi, je dis : devenez des donneurs et vous verrez que de cesser de calculer le retour de vos actions futures vous apportera soulagement. Dites que c’est la vieillesse qui me fait parler ainsi (ou la fin d’une année qui a été éprouvante), mais je crois fermement que nous avons un rôle positif à jouer dans le monde. Nous vivons des temps difficiles, une grande partie de la population est désillusionnée et se sent abandonnée ; si nous décidions de laisser tomber le cynisme pour redevenir naïfs, si nous nous engagions à donner sans compter, nous y gagnerions tous.

Posez-vous sincèrement la question : êtes-vous un donneur, un preneur ou un échangeur? Dans les deux derniers cas, êtes-vous ouvert à amorcer un changement pour votre bien et celui de votre entourage ? La parole est à vous!

PS : Pour ceux d’entre vous qui désirent en savoir plus sur Adam Grant, il a récemment produit une conférence TED disponible en suivant ce lien.

Vous appréciez cet article ? Ou pas ? Vous auriez des choses à ajouter ? S’il vous plaît laissez un commentaire plus bas. Merci !

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